Nous avons le plaisir de présenter Into the Wolf’s Mouth, la première exposition de Gail M Boykewich à la galerie SLAG&RX. Réunissant un nouvel ensemble de peintures et d’assemblages sculpturaux découpés à la main, l’exposition explore les rituels, les symboles et les mythologies privées que les individus construisent afin de traverser l’incertitude, le désir, la vulnérabilité et la transformation.
Le titre de l’exposition provient de l’expression italienne in bocca al lupo : « dans la gueule du loup », une formule traditionnellement utilisée pour souhaiter bonne chance à quelqu’un avant qu’il n’entre dans une situation incertaine ou dangereuse. À la fois menaçante et protectrice, cette expression reflète l’atmosphère émotionnelle du travail de Boykewich : un univers où la tendresse coexiste avec l’anxiété, l’intimité avec la distance, et la beauté avec une inquiétude latente.
À travers l’exposition, Boykewich présente des portraits imaginaires suspendus entre réalisme psychologique et allégorie. Ses figures émergent dans des environnements botaniques luxuriants peuplés de fleurs, d’oiseaux, d’insectes, de chats, de lapins et de fragments symboliques qui agissent simultanément comme décor, architecture émotionnelle et protection talismanique. Ni entièrement narratives ni totalement symboliques, les œuvres évoquent le langage du folklore, de l’imagerie dévotionnelle, du réalisme magique et du portrait vernaculaire, tout en conservant une tonalité émotionnelle profondément contemporaine.
Les peintures de Boykewich possèdent une clarté visuelle singulière. La lumière dans son travail n’est ni atmosphérique ni dissimulatrice ; elle révèle au contraire avec une précision presque dévotionnelle. Visages, cicatrices, taches de rousseur, mèches rebelles, bijoux, feuilles et pétales sont représentés avec une attention minutieuse, accordant une dignité égale au corps humain et au monde naturel qui l’entoure. Cette visibilité exacerbée crée une tension psychologique troublante. Le spectateur ne dispose d’aucun refuge dans l’ombre ou l’ambiguïté ; le sens réside dans la surface elle-même, dans l’accumulation des détails, des symboles et des gestes.
Les assemblages sculpturaux de l’exposition complexifient encore davantage la relation entre peinture et matérialité de l’objet. Construits à partir de formes de bois superposées et découpées à la main, des œuvres telles que Arcadia, Carnations et Calliandra s’étendent physiquement dans l’espace, créant des environnements théâtraux peu profonds oscillant entre diorama, retable dévotionnel et relief portraituré. Fleurs et lianes semblent émerger au-delà du cadre lui-même, tandis que les figures paraissent suspendues entre différents plans picturaux. Ces constructions produisent une subtile désorientation spatiale : la sensation que corps, objets et paysages coexistent intimement tout en demeurant psychologiquement séparés.
Tout au long de l’exposition, Boykewich revient régulièrement à des symboles historiquement associés à la chance, à la manifestation, au deuil, à la protection, au désir, à la fertilité et à la renaissance. Des fleurs de lotus flottent près de figures immergées ; des chats noirs se tiennent devant des roseraies ; des lapins apparaissent sous des ciels lunaires ; des amants se font face à travers des boîtes à cigares miroir. Plutôt que de fonctionner comme des systèmes iconographiques figés, ces motifs récurrents agissent comme des signaux émotionnels, des fragments de croyances héritées adaptés aux angoisses et désirs contemporains.
Dans l’œuvre de Boykewich, la nature n’est jamais purement décorative. Ses peintures traduisent une profonde révérence pour l’interdépendance écologique et la coexistence fragile entre les êtres humains et le monde naturel.
Plantes, animaux et figures humaines y sont traités avec une présence psychologique équivalente, abolissant les hiérarchies traditionnelles entre observateur et observé, compagnon et familier, ornement et protagoniste. Ses personnages fictifs deviennent des vecteurs à travers lesquels se déploient des réflexions plus vastes sur le soin, la fragilité, la mortalité et la coexistence.
Bien que sa pratique puise dans des références historiques allant du portrait populaire et de la peinture dévotionnelle au romantisme préraphaélite et au réalisme magique contemporain, Boykewich construit finalement un langage visuel qui lui est propre, défini par une lumière intensifiée, une sincérité émotionnelle, une intimité artisanale et une étrange impression de narration suspendue.
À propos de l’artiste
Gail M Boykewich est une peintre et sculptrice américaine basée dans la région métropolitaine de New York. Elle a étudié la peinture et la sculpture à School of the Art Institute of Chicago, où elle a développé très tôt un intérêt pour le portrait traditionnel, le réalisme magique et les traditions de l’art populaire. Ses œuvres extrêmement détaillées explorent l’interconnexion entre la vie humaine, animale et botanique à travers des portraits imaginaires et des environnements symboliques chargés psychologiquement.
Le travail de Boykewich a été décrit comme fantasque, tendre, mélancolique et empreint d’un humour sombre. Grâce à des couleurs vives, un dessin précis et des constructions sculpturales en strates, elle crée des univers immersifs qui célèbrent la beauté de la flore et de la faune tout en réfléchissant à la vulnérabilité émotionnelle, à la fragilité environnementale et à la symbiose entre l’être humain et la nature.
Son travail a été exposé à New York, Los Angeles, Chicago, Houston, Minneapolis, Brooklyn, Jersey City et Miami, notamment au Jersey City History Museum, au Nimbus Arts Center, à Aqua Art Miami et à Superfine Art Fair Los Angeles, entre autres. Elle est lauréate de la bourse individuelle d’artiste 2026 du New Jersey State Council on the Arts et occupe le poste d’artiste mentor en résidence à Project 14C à Jersey City, New Jersey.
Into the Wolf’s Mouth marque les débuts de Boykewich chez SLAG&RX à New York.